« La vérité, c’est que nous ne sommes pas encore libres ; nous avons seulement atteint la liberté d’être libres ; nous n’avons pas encore fait le dernier pas de notre voyage, nous n’avons fait que le premier sur une route plus longue et difficile. Car être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. La véritable épreuve pour notre attachement à la liberté vient de commencer. »

Nelson Mandela

Se sentir libre… Drôle de thème n’est-ce pas, pour y consacrer un article en pleine période de re-confinement qui nous demande de rester enfermés ? Et pourtant… A l’heure où je vous écris, je crois que je n’ai jamais autant approché la douce sensation de ma propre liberté intérieure…

  • L’année 2020 tend aujourd’hui à sa fin, et ce n’est rien de dire à quel point la crise que nous traversons est venue ébranler nos structures, nos croyances, nos systèmes de pensée et tout ce que l’on pensait immuable, jusqu’à venir interroger notre propre rapport à la mort, à la vie et à la liberté. Je n’ai pas échappé aux secousses engendrées par ce désastre ambiant. Passées la sidération et la colère, j’ai juste choisi de ne  pas y résister, me laissant porter par les événements, et tentant d’accueillir du mieux possible chaque jour, toutes les émotions qui me traversaient. Cette période m’a ainsi offert de plonger un peu plus au coeur de mon être pour commencer à goûter un doux parfum de liberté… 
  • Il faut dire que, me concernant, cette année est venue clôturer un cycle de 7 ans au cours desquels j’ai traversé un cancer du sein, une démission de l’Education Nationale, une reconversion professionnelle, une création d’activité libérale (qui m’a demandé énormément d’énergie), pour finir par rencontrer à nouveau les méandres de la longue maladie à travers l’accompagnement au parcours de soin en chimiothérapie de mon mari, qui s’est achevé juste avant… le premier confinement… Moi qui pensais quelques temps auparavant que la vie allait enfin me laisser un peu de répit pour développer mes projets en cours, voilà qu’elle m’offrait sur un plateau d’argent la conviction qu’il me fallait en fait tout arrêter… Ce ne fut pas simple au début… Il m’a fallu bien des jours avant de rendre les armes et d’accueillir l’idée de lâcher enfin prise… Ce fut en fait un merveilleux cadeau… 
  • Comme je l’ai expliqué dans mon précédent article, j’ai volontairement choisi de concevoir ce confinement forcé comme l’opportunité de m’offrir un espace d’authenticité en revenant à l’essence même de ma propre humanité. J’ai ainsi acquis la profonde conviction qu’il n’est de liberté qu’intérieure et que rien ne peut l’entraver, pas même l’enfermement. 

« Le seul moyen d’affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre qu’on fasse de sa propre existence un acte de révolte ». Albert Camus

  • A l’heure où la colère gronde, où la violence s’exprime, où nos structures n’en finissent plus de s’effondrer, où personne ne peut prédire de quoi demain sera fait…, je me sens aujourd’hui étrangement sereine comme jamais je ne l’ai été depuis bien longtemps : je me suis délestée de tout ce qui m’encombrait, des faux-semblants, des faux besoins, de cette course effrénée au « toujours plus », de l’idée-même qu’il me faut continuer à obéir aux injonctions, de l’angoisse du lendemain, de la peur de la mort, de mes envies de « changer » le monde, de la croyance en mon pouvoir d’agir sur les choses… Non… Tout ça n’est qu’une illusion… Mon seul pouvoir se limite à moi-même, ma seule puissance réside dans ma capacité à rayonner… Ce qui se passe dans l’invisible est autrement plus puissant que tout ce que je perçois ici-bas… Au fil de toutes mes traversées, j’ai acquis la conscience que la vie, la mort ne sont que les deux faces d’une même entité, et qu’il me faut cheminer sur ce fil ténu situé entre Ciel et Terre, au coeur des profondeurs de mon être. C’est à cet endroit-même, celui où rien ne m’arrive, que je peux me sentir libre. De là, j’ai le pouvoir d’embrasser le monde et d’accepter qu’être libre s’inscrit d’abord dans le respect de la liberté que j’accorde à l’autre… Si chacun de nous s’occupait d’abord de cette part-là en lui, cette part d’ombre qui n’attend que d’être éclairée, le monde connaîtrait la paix…
  • Alors en cette période de Samhain, qui rend possible le contact entre les mondes visible et invisible, entre la Terre et le Ciel, qui marque l’entrée dans la période la plus froide et la plus sombre de l’année, il est temps pour moi de semer les nouvelles graines qui germeront aux beaux jours prochains. Pour ce faire, il me faut continuer à creuser dans mes profondeurs afin que se déploie mon énergie essence, celle qui anime l’intégralité du vivant dans l’invisible : l’Amour…

Je vous souhaite un lumineux passage de ce portail vers la nouvelle année qui s’amorce, cette nouvelle énergie qui s’invite pour vous, et sur laquelle il vous sera donné de vous appuyer pour éprouver à votre tour la sensation d’être libre… 

Catégories : Billet d'humeur

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